Le dimanche 3 novembre 2024

Discours d’Éric Zemmour - 6 octobre 2024

Éric Zemmour à Bordeaux le 6 octobre 2024

Éric Zemmour a réuni plus de 450 fidèles autour de lui, le 6 octobre 2024 dans la banlieue bordelaise. 

 

Durant près d’une heure, face à un public de 450 fidèles, Éric Zemmour a décrit le paysage politique français et indiqué les batailles importantes que Reconquête entend mener pour l’intérêt de la France.

L’entrée en matière du discours d’Éric Zemmour fut tout trouvée, avec l’exemple bordelais. Celui-ci illustre en effet parfaitement les dérives de la vie politique française. À Bordeaux, la droite chiraquienne d’Alain Juppé, soi-disant gaulliste, a fini par rejoindre les rivages de la gauche, annonçant ainsi la victoire des écologistes dans la ville de Chaban Delmas. Écologistes qui ne sont d’ailleurs que le faux nez de l’extrême gauche…

Et les Bordelais peuvent chaque jour constater une telle évolution, avec la montée de l’idéologie woke, dénoncée par les Parents vigilants, ainsi que celles de l’africanisation et de l’islamisation de la métropole. Ils sont aussi malheureusement les témoins de la hausse de la violence, chacun ayant en tête les images de l’agression sauvage, l’an dernier, d’une grand-mère et de sa petite fille dans une rue des Chartrons.

 

Un paysage politique sans majorité

Cette évolution sociologique et économique de la France a eu pour conséquence de morceler le paysage politique français en trois blocs de forces égales, rendant ainsi l’Assemblée nationale ingouvernable, faute de majorité. 

Au centre, Macron a « coupé les deux bouts de l’omelette », selon l’expression d’Alain Juppé, et accompli le vieux projet de Giscard en unissant le centre gauche et le centre droit, dont les LR de Laurent Wauquiez.

Le bloc de gauche est quant à lui partagé entre les islamo-gauchistes de LFI, d’une part, et une aile socio-démocrate, d’autre part, réunie autour des socialistes. Ces derniers sont toutefois assurés de perdre, du fait de l’évolution démographique et de la logique du vote utile, les électeurs choisissant au dernier moment le candidat le mieux placé pour que leur bloc l’emporte.

Et c’est aussi le vote utile qui a assuré la prééminence du RN dans le bloc de droite, au détriment de Reconquête. Alors que Marine Le Pen refuse elle-même l’étiquette de droite, étant personnellement marquée par un véritable tropisme de gauche sur bien des sujets.

Mais puisque la victoire des idées précède la victoire politique, Reconquête entend bien affirmer ses spécificités et son programme.

Éric Zemmour voyant d’ailleurs dans les déclarations de Bruno Retailleau la victoire des idées de Reconquête. Pour autant, le gouvernement Barnier pourra-t-il, ou voudra-t-il, régler les problèmes fondamentaux auxquels est confronté le pays ?

 

L’évolution tragique de la justice

Le premier de ces problèmes est le dévoiement de la justice à des fins partisanes. En France, ce sont les juges qui ont aujourd’hui le dernier mot en matière de politique, et non plus le peuple. Et ce afin de réguler ou prévenir toutes les passions politiques pouvant animer ce dernier.

Il s’agit là d’un concept, l’état de droit, importé notamment d’Allemagne, où il s’est imposé afin d’empêcher le retour de la fureur criminelle des nazis, en contrôlant le gouvernement.

Historiquement, en France, l’État doit se soumettre à la Loi, celle-ci étant votée par le Parlement, qui est le représentant du peuple. Ce qui n’a pas gêné le caractère parfaitement démocratique de la 3e et de la 4e République, alors qu’il n’y avait alors pas de contrôle de la constitutionnalité des lois, selon la tradition française.

Le Conseil constitutionnel français n’était pourvu, au moment de sa création par de Gaulle et Debré en 1958, que de compétences très limitées, visant essentiellement à contraindre le Parlement à respecter les contraintes de la nouvelle constitution.

C’est seulement en 1971, au lendemain de la mort du général de Gaulle, que pour la première fois le Conseil constitutionnel est sorti du rôle où il était jusqu’alors cantonné, en censurant certaines dispositions d’une loi, car elle dérogeait aux principes fondamentaux de la République.

Il s’agissait là d’un véritable putsch juridique de la part du Conseil constitutionnel, la jurisprudence de ce dernier finissant par se substituer à la Constitution elle-même.

À Reconquête, si nous sommes naturellement respectueux de la loi et de la hiérarchie des normes, nous considérons, avec le général de Gaulle que, « en France, la Cour suprême, c’est le peuple », et que c’est donc lui qui gouverne, et non les juges.

 

L’enfer fiscal

Le second problème fondamental est celui des dépenses publiques, et donc du niveau des prélèvements. Or, on l’aura noté, le premier réflexe du gouvernement Barnier, prétendument de droite, est d’augmenter les impôts. Nous sommes, à Reconquête, en opposition totale à cela, et allons continuer à travailler à un programme de réductions drastiques des dépenses, et donc des impôts.

Sont visées notamment les aides aux associations, qui coûtent 23 milliards d’euros par an à la société, et les coûts engendrés par la suradministration de secteurs comme la santé ou l’éducation, où environ 30 % des fonctionnaires ne voient jamais un patient ou un élève. Ce qui engendre des dépenses colossales.

Nous avons de plus le record du monde de dépenses sociales, avec plus de 30% de la richesse nationale qui y est consacrée, soit environ 840 milliards d’euros. Sans compter les autres dépenses d’argent, comme l’aide au développement, par exemple. Il y a ainsi d’innombrables domaines où nous pouvons faire des économies. Toutefois, les gouvernements se succèdent sans qu'aucun ne les réalise...

Quant aux 100 milliards d’euros d’aide aux entreprises, il faut bien comprendre que ce n’est là qu’une compensation à la surimposition française, afin que les petites entreprises survivent dans cet enfer fiscal. Celles-ci ne payant ainsi pas de charges sociales sur les salaires inférieurs à environ une fois et demie le SMIC. Ce qui entraîne évidemment une « smicardisation » de l’économie française, 17% des salariés français étant concernés, puisqu’une hausse de leur rémunération nécessiterait alors le paiement des charges sociales, ce que nombre de PME et de TPE ne peuvent se permettre.

Quant aux grands groupes du CAC40, il est illusoire de vouloir les imposer davantage, puisqu’ils font environ 80% de leurs bénéfices à l’étranger et que 60% de leurs salariés ne sont pas français. Ainsi, la surtaxation de Total Énergie, décidée par le gouvernement et soutenue par Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, n’aura rapporté que 300 millions d’euros, au lieu des 8 à 10 milliards d’euros annoncés ...

Le génie français ferait donc mieux de s’occuper de réduire les dépenses plutôt que d’inventer des mécanismes de compensation ou de nouvelles taxes.

Reconquête sera le parti de la réduction des dépenses et des impôts, et s’est doté pour cela d’un pôle programme, afin d’identifier toutes les sources d’économie possibles.

 

 

QUESTION à Éric Zemmour : Comment limiter l’influence du Conseil constitutionnel ?

La réforme de l’article 55 de la constitution

La première solution, c’est de réformer l’article 55 de la Constitution, qui indique que les traités internationaux et les textes européens s’imposent aux lois françaises. L’article modifié devant alors indiquer que les lois françaises, postérieures à cette réforme, prévaudront désormais sur tout autre texte ou traité, et ne pourront plus être déclarées inconstitutionnelles. C’était d’ailleurs la jurisprudence du Conseil d’État jusqu’en 1989.

Cela est fondamental, car les juges ne pourront alors plus entraver les gouvernements et empêcher toute action politique. En effet, aujourd’hui, l’état de droit tel que l’entend le sens commun est devenu une machine à imposer une idéologie qui privilégie toujours l’individu et la minorité (ethnique, racial, sexuel, etc.) contre l’intérêt de l’État.

 

Le recours au référendum

La seconde solution est le recours au référendum pour consulter directement le peuple à propos des grandes questions. Mais à cette solution, deux réserves sont toujours formulées.

La première réserve porte sur la complexité même de la question posée lors d’un référendum. On oublie alors opportunément que lors des référendums de 1992 sur Maastricht en 1992, et de 2005 sur le Traité européen, il fallait alors se prononcer sur des centaines articles. Et en 1969, le général de Gaulle lui-même a fait un référendum comptant plusieurs articles à propos d’un projet de loi portant sur la suppression du Sénat et la régionalisation. Donc tout cela est un faux argument.

La seconde réserve porte quant à elle sur l’étendue des articles 11et 89 de la Constitution, lesquels définissent et bornent le recours au référendum. Selon ces critiques, le sujet de l’immigration par exemple ne pourrait être soumis au référendum. Mais puisque l’article 11 autorise de consulter le peuple à propos des sujets de politique économique et sociale, on peut alors tout fait estimer que le sujet de l’immigration relève de ces derniers, et qu’il est donc possible d’organiser un référendum à ce propos.

Mais ce sont là seulement des prétextes pour ne pas consulter le peuple. Le général de Gaulle, en 1962, a ainsi fait un référendum sur l’élection du Président de la République au suffrage universel dans le cadre de l’article 11, qui ne le permettait pourtant pas. Le Conseil constitutionnel, qui avait été sollicité, avait alors rendu un avis favorable, considérant que l’expression du peuple l’autorisait. Ce que veut d’ailleurs faire oublier Laurent Fabius, lorsqu’il dit qu’un référendum sur l’immigration ne serait pas constitutionnel.

Aussi, afin de restaurer la souveraineté populaire, il faudra donc limiter à nouveau les compétences du Conseil constitutionnel, comme au temps du général de Gaulle. C’est la condition nécessaire pour assurer la survie de la nation française.   


Jérôme Paris